lundi 12 septembre 2011

Liste indépendante #1 : entretien avec Mouwaten Seddik

Le 23 octobre 2011, pour la première fois de son histoire, le peuple tunisien ira voter démocratiquement pour les candidats de son choix. Ce tour de chauffe concernera, bien entendu, la fameuse assemblée constituante sera chargée de rédiger la nouvelle constitution et donner ainsi naissance à une deuxième république tunisienne. D'une même importance, cette assemblée aura également la responsabilité parlementaire transitionnelle.

Si à défaut de s'affronter sur le territoire des idées et des programmes, certains  partis politiques ont préféré s'affronter sur les panneaux publicitaires à côté des réclames pour les couches culottes et les pots de yaourts en promotion, - certains déboursant des fortunes pour se payer des interviews à la télé; les candidats indépendants, eux, n'ont pas bénéficiés d'un relais mass-médiatique
pour exposer leurs programmez et leurs valeurs défendues.

Suivant ce constat, ReadWriteWorld a donc décidé de lancer la série Liste indépendante pour connecter les internautes aux candidats indépendants.


jeudi 8 septembre 2011

Tunisie : flics en colère, police politique et autres contes de la folie ordinaire

Ces trois derniers ont été marqués par le discours tragi-comique de Béji Caid Essebsi, premier ministre temporaire de la transition démocratique temporaire et transitoire pour la transition démoctaturique, les manifs des policiers devant le premier ministère à la Kasbah, puis devant le ministère de l'intérieur et toute une constellation d'évènements satellites pour le moins intéressant. Parce que ReadWriteWorld aime tout le monde et sert tout le monde même les singes et les serpents, nous avons essayé d'y voir plus clair, en plongeant bien entendu au cœur des évènements (في قلب الحدث)

Épisode 1 : Mutinerie à l'Aouina

Tout commence le lundi 5 septembre. Moncef Helali, le directeur général et commandant de la garde nationale qui fait l’objet de plusieurs critiques de la part de ses subordonnés portant sur "sa qualité de militaire", et plus précisément sur ses décisions de rattachement et de mutation des agents de la sureté s'est fait "dégagé" par un groupe d'agents qui réclament son  limogeage et la nomination d’un nouveau directeur général issu du corps de la sécurité intérieure. En somme, un gars bien de chez eux.
Lorsque je leur ai demandé des précisions sur le fond de leur critique, les agents du syndicats des forces de l'ordre m'ont affirmé vraiment mais vraiment fâchés :" il dispose de 5 voitures de fonctions et de 4000 litres d'essence par mois". #WTF?!!!

Épisode 2 : Béji Caid Essebsi dans le rôle de Takriz

Mardi 6 septembre-matin. Voilà BCE qui dans un discours surprise et vide de substance sur la rentrée scolaire et les élections de la constituante joue à Darwin dans une affirmation digne des indispensables Takriziens et du magnifique Jalel Brick :  "97% des flics sont de braves neuneus débiles et 3% sont des singes". #WTF bis ?!!!

Si el Béji, qui juste là (sous excuse de sénilité avancé et de prostate défaillante depuis 1927), niait l'existence des snipers et défendait bec et ongle la flicaille qui -miskina- souffrait d'une crise psychologique, lâche une bombe en direct à la Télé. Ma binetna #WTF ?!!!

Épisode 3 : Far wou gattous devant le premier ministère!

Mardi 6 septembre-après midi.
En compagnie du blogueur émérite Accent Circonflexe, armés d'une caméra et d'une citronnade 100% toxique, on s'est pointé à la Kasbah. Traversant courageusement les barbelés entourés de 250 à 300 flics enragés contre BCE et le Général Ammar, nous nous pointons très poliment et plutôt joyeusement devant la porte ouverte du premier ministère.



La caméra en marche -en espérant secrètement qu'un flic s'immole- un flic en civile m'approche, un peu comme un gorille et s'en suit  :
-"Allô..allô...enti bouliss?"
-"Lé"
-"Ech ta3mil hné?"
-"Ensawar bel caméra"
-"mekch bouliss méla ! Héthi 7keya mabin boulisiyya !"

là, un flic en uniforme nous interrompt et donne les directives de me laisser tranquille.

Un peu plus tard, la rumeur coure que BCE et R. Ammar sont entrain de filer en douce par l'arrière boutique du premier ministère. Les flics commencent à courir dans tous les sens "cheddou cheddou" et en traitant les deux compères de tous les noms de meuniers et j'en passe.

Ah, oui, dans la foulée, avec Accent Circonflexe, nous avons découvert que des flics allaient êtres jugés à Sfax et Ben Arous pour les meurtres des martyrs de la révolution et que des membres de leurs familles étaient là pour manifester et demander l'impunité pour ces flics tueurs.

Apparu comme par magie, un flic du syndicat est venu s'explique sur la mutinerie et les revendication. Rien ne tenait vraiment la route (voir la vidéo). Un autre (hors images) voulait couvrir les siens en affirmant que les flics "ont le droit de se défendre en tuant leurs agresseurs".
Dernier point, les flics scandaient des slogans insinuant que les snipers feraient partie de l'armée et non de la police...mais ça, c'est une autre histoire.


Épisode final : ministère de l'intérieur : police contre police et plan de reconversion de la police politique

Jeudi 8 septembre 10h du mat. La foule de flics était assez dense devant le ministère de l'intérieur. Elle se donnait en spectacle de chant (hymne national, slogan anti BCE et Ammar) aux spectateurs postés de l'autre côté des barbelés.

Et ils étaient vraiment mais vraiment vraiment remontés les flics qui manifestaient ce matin devant le M.I. Mais le plus intéressant dans tout ça était à lire entre les lignes de la manif.
Un flic en civil en plein accrochage avec un flic en uniforme s'échangeaient les mots suivants avec une haine réciproque et pas du tout, mais pas du tout cordiale :
-le ministère est à nous !
-oui, mais la rue est notre....

Sur ceux, une vielle connaissance, un enfoiré de la police politique qui m'avait repéré et que j'avais repéré en 2007 s'approche de moi comme un gorille bis. Pour les habitués du genre, c'est le gars trapu, un peu chauve et avec deux grosses cicatrices sur la partie découverte du crâne. Il me demande ce que je suis entrain de filmer avec mon télifoune. Pas de chance, j'étais entrain d'envoyer un sms et du coup il se met à lire ce que j'écrivais.
Puis il se met à me cuisiner et je l'embobine le temps de l'amener là où je veux :

-T'es plus dans la police politique ? mi nostalgique, mi fier, il me sors :
-Je suis en civil maintenant, c'est un job noble.

Plus tard, signe du destin, il est venu nous demander de libérer le trottoir en face du M.I, alors que j'étais avec les excellents rappeurs d'Armada Bizerta auteurs du désormais mythique titre anti-violence et criminalité policière The Sound of Da Police.


(Im)Morale de l'histoire ?

-Refusant que les militaires les dominent, certains flics foutent la merde pour couvrir les leurs qui ont tués nos concitoyens en décembre et janvier dernier.
-Concernant cette mystérieuse police politique qui ne serait pas listée. Elle a peut-être simplement été ravalée et recrachée dans l'appareil (in)sécuritaire.
-Béji Caid Essebsi est un zoologue darwiniste, et en secret, le plus grand fan de Jalel Brick et de Takriz.
-Nous concitoyens sont de sacré farceurs : à Tunis, Sfax et ailleurs, plusieurs citoyens tunisiens ont offert des bananes et ont jeté du kaki aux flics...#WTF?!!!
-Les flics utlisent les lacrymos, le balles en caoutchouc et les balles réelles uniquement contre les citoyens. Jamais contre d'autre flics même si ces derniers insultent "haibat eddawla" et appellent à "is9at al 7oukouma".


N'oublions jamais que le régime de ben ali était un régime POLICIER et que ce sont toujours les mêmes mini-dictateur qui portent les uniformes, les matraques et les flingues...








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mardi 30 août 2011

F.M Crew : le HipHop made in Sidi Bouzid!

Ils s'appellent Freak Masters Crew, ils sont de Sidi Bouzid et ils dansent le HipHop. 

Le 23 aout, ils montraient leur talent au pubic de la maison de la Culture de Sidi Bouzid lors d'une soirée animée par Dali Ben Jemaa, qui, fasciné par leur talent, improvisa un duo  en human beat box avec B Boy Hamma, un danseur âgé de 10 ans. La suite en vidéo :




vendredi 26 août 2011

Parce que le sang a coulé à Sidi Bouzid mais que les fleurs ont éclos à Carthage...

SidiBouzid - Centre Ville

"Le sang a coulé à Sidi Bouzid mais que les fleurs ont éclos à Carthage...", 8 mois après la chute du tyran, à Sidi Bouzid, c'est ce sentiment qui domine le quotidien.

Ici, il n'y a pas de "jasmin", mais il y a une foule de gens : jeunes, vieux, hommes et
femmes qui attendent et espèrent devant la municipalité qu'aujourd'hui,peut-être, il y aura du travail pour eux.










SidiBouzid - Centre Ville -
Emplacement préféré de M.Bouazizi

Chantiers publics, cueillettes, nettoyage, tout est bon à prendre, 8 dt, 10 dt ou 15 dt la journée pour les plus chanceux. Et à Sidi Bouzid, c'est comme ça tous les jours...Un autre vendeur de fruit s'est appropriée la place préférée de Mohamed Bouazizi.






Pendant ce temps-là, à 265 km au Nord, Tunis et sa banlieue cueillent les fruits de la révolte. Les chanteurs mauves s'engraissent à coup de gros cachetons en chantant la révolution du 14 janvier. les scénaristes et les publicitaires du Ramadan récupèrent maladroitement et sans aucune pudeur la révolution du 14 janvier.

Puis les pires, les indécents, les ambitieux récupérateurs avides de pouvoir : les politiques. Ceux-là même qui ont envahis l'espace public avec leurs campagnes publicitaires omniprésentes.

J'accuse le PDP, Ettakattol, Ennahdha, et l'Union Patriotique Libre qui à coup de grosses liasse billets... des dizaines et des dizaines de milliards de nos millimes - dont ils préfèrent taire les sources - ont transformé le débat socio-politique en un concours d'affiches et de spots vidéo sanctifiant le 14 janvier. 

J'accuse ces partis d'incompétence, et d'arrivisme parce qu'ils ont investi des milliard en image de marque et n'ont pas investi un sous pour les fils de Sidi Bouzid. J'accuse les plus vicelards d'entre eux avec leurs associations de bonne charité (le PDP et Ennahdha) de faire perdurer l'esprit du charitisme opportuniste ou bourgeois qui s'achète des voix ou une bonne conscience contre des cartons de biscuits et de vêtements négociés dans une friperie.

Détrompez-vous, el bouzidi ne veut pas de votre charité, il n'est pas non plus paresseux. Il veut travailler, gagner de quoi survivre et rêver d'un meilleur avenir pour ses gosses. C'est ainsi, el bouzidi meurt toujours debout...Et sur les murs de sa ville, il nous rappelle que c'est la révolution de la liberté et de la dignité du 17 décembre, et non pas du 14 janvier.


Parce qu'au fond, il a raison, c'est le 17 décembre que le cours de l'Histoire a changé...


SidiBouzid- Centre Ville 25/08/2011







lundi 15 août 2011

(Re)Révolution : les avocats pour la justice, l'UGTT contre l'UGTT!

Après le 17 décembre, le 14 janvier, el Kasbah I et II, le 15 août 2011 comptera certainement parmi les dates importantes pour le processus révolutionnaire tunisien -toujours en cours- et plus que jamais en danger à cause les positions et les agissements irresponsables et contre-révolutionnaires du gouvernement Essebsi.


Ce matin, dans les rues de Tunis, il n'y avait pas une, mais deux Tunisie qui manifestaient pour la réalisation des objectifs de la révolution.

La manifestation carte-postale


La première manif. "Officielle", commanditée par l’intelligentsia de l'UGTT, toujours menée par celui qui mit à genoux la centrale syndicale pour lécher les bottes ensanglantées et le cul mauve de Zaba : le grand meunier* Abdessalem Jrad.

La manif, partie de la Bourse du Travail, longea l'avenue Mohamed V jusqu'au palais des congrès  pour se s'achever comme un feu de paille. Tout le monde était beau, gentil, les slogans sans hargne, et les flics dans leur coin à se gratter les couilles en pensant à la chorba de ce soir. Pas de lacrymos (ou presque), pas de tirs d'armes à feu, même pas une gifle ou une insulte. En sommes, une vraie ballade de santé pour un club du troisième âge.



L'autre manifestation

Il y a un hic ? Trop beau pour être vrai ? #WTF ? Il y a bien un cafard dans le ragoût (ou peut-être bien une sauterelle?)


Une autre manifestation, organisée par les avocats révolutionnaires, qui militent depuis décembre dernier contre le régime de Zaba et depuis le 14 janvier pour la réalisation des (vrais) objectifs de la révolution était partie de Bab Banet - devant le ministère de l'(in)justice -  pour continuer vers place Mohamed Ali et fusionner avec les rangs avec d'autres représentants et militant syndicaux qui veulent faire le grand nettoyage au gouvernement mais aussi dans leur propre maison avec départ de A.Jrad.

Plus jeunes, plus déterminés, les manifestants scandaient des slogans acharnés, "Pour l'assainissement du système judiciaire", "Jrad dégage", "Levons-nous pour le sang des martyrs", etc. Les éternels bloggers étaient de la partie Fatmaa Arabicca, Azyz Amami, Accent Circonflexe, etc. 
Et à vrai dire, la terre trembla d'espoir comme un 14 janvier...#SidiBouzid Spririt...jusqu'à : Tirs de sommation - lacrymos à profusion, la matraque à l'attaque...se déshonorant encore et encore, les flics ont attaqué les manifestants au niveau de l'Avenue de Paris. Gâchant ce moment de grâce dans la violence...

La vérité, c'est lui qui la dira :


Le reste, c'est lui, ce manifestant cogné par la police et asphyxié par ses lacrymos venu informer les marcheurs de la manif j'radiste de ce qui ce subissait leur frères de cause qui nous la livrera crue :

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meunier :
طحان

mardi 2 août 2011

Retour à Ras Jedir : histoire de réfugiés - Prologue


Depuis le début des affrontements en Libye, il y a 5 mois, plus de 550.000 personnes ont fui le pays. Plus de la moitié sont des migrants, faisant de cet exode l’une des plus importantes crises humanitaires depuis la première guerre du golf (1990). 

L’organisation Internationale de la Migration (OIM) a rapatrié la majorité des réfugiés, mais à la date du 03 juillet,  à peu près 7000 personnes survivent encore dans les camps, parmi eux, 600 somaliens et autant d'érythréens qui ne peuvent être rapatriés à cause de la guerre et de la famine qui sévissent dans leurs pays.

ReadWriteWorld vous invite dans le monde des réfugiés à travers une série de vidéo réalisées sur les différents camps.

Since the breakout of violence in Libya, over 550,000 people have fled the country. This figure includes more than 200,000 third-country nationals, making this one of the largest migration crises faced since the first Gulf War in 1990. Choucha Camp has been the first stop in Tunisia for people fleeing Libya. 

The International Organisation for Migration (OIM) has begun to repatriate migrants, but as of  3 August, around 7,000 people were stranded at the border. This includes 600 Somalis and 600 Eritreans who are of concern to agencies as they cannot be repatriated due to ongoing conflict in their country.





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