dimanche 26 juin 2011

Terrorisme à l'Africart : A qui profite le crime ?


Flashback sur ce qui s'est réellement passé :

Le collectif Lam Echaml, en collaboration avec l'Institut Arabe des Droits de l'Homme, organisait le dimanche 26 juin l'évènement Touche pas à Nos Créateurs نحي يديك على مبدعيننا
pour dénoncer toute forme de censure,  de pression et agression à l’encontre de tous ceux qui veulent s’exprimer, quelque soit la forme de cette expression.

L'évènement prévoyait la projections de deux films, dont "Ni Allah ni maître" de Nadia El Fani, ainsi que l'intervention de quelques artistes tunisiens qui ont justement subi censures, pressions et agressions. Mais voilà, des délinquants ont en avaient décidé autrement. Les versions de tous les témoins interrogés concordent sur les faits suivants :

Plusieurs dizaines d'individus munies d'armes blanches et de bombe à gaz ont saccagé l'entrée de la salle de Cinéma, le guichet ainsi que certaines équipements. Une fois dans la salle de projection, ils ont fermé le rideau pour recouvrir l'écran et ont ouvertement menacé de mort le public "si le film est diffusé, nous vous égorgerons...".

Le maître des lieux, Mr. Habib Belhedi ainsi que la secrétaire générale de l'ATPCC ont été physiquement agressés. Pendant ce temps-là, les policiers assistaient sans réagir à ces actes criminels. Interrogés plus tard, ils ont affirmé "avoir attendu les instructions pour intervenir". 

Au bout de 50 minutes, les policiers ont enfin dispersés les gros des troupes terroristes en arrêtant presque la totalité des individus qui avait pénétré dans l'enceinte de la salle de projection, hormis trois d'entre-eux qui ont pris la fuite. Et la projection a finalement bien eu lieu, cependant, les spectateurs ont dû emprunter la sortie de secours par mesure de sécurité. 


Mais à qui profite le crime ?

Bien que certains mass-médias ont tout de suite pointé du doigt des islamistes fous-furieux en parlant de barbes et de slogans salafistes, certains indices et le déroulement des évènements nous invitent à nous poser des questions quant à l'interprétation de ces actes pour ne pas tomber inlassablement dans le piège de l'épouvantail salafiste.

Si l'on observe bien les vidéos, on remarque que les barbes n'étaient pas si nombreuses. Et que les parmi ces criminels, certains étaient chargés d'empêcher les gens de filmer. Les cyber-activistes se souviendrons bien évidemment que ces manières ressemblent étrangement à celles de la police politique de Ben Ali. A vous de juger :





video


A ce stade, on peut légitimement s’interroger sur la complicité du Ministère de l'Intérieur et la police politique dans ces actes terroristes, mais la question qui vient à brûle point est bien évidement la suivante : Est-ce que Ennahdha est le commendataire ou le complice de ces actes de barbarie ?

Les réponses des nahdhaouis est pour le moins troublante...Interrogé par Kapitalis à propos de cet acte terroriste, Zied Daoulatli, du bureau exécutif du parti Ennahdha, a déclaré : 

"Nous condamnons fermement cette violence et nous allons publier, ce soir tard ou au plus tard demain matin, un communiqué en ce sens, [...] Nous avons des informations selon lesquelles des groupes d’extrémistes, dont beaucoup portent la barbe, préparent des actions comme celle d’aujourd’hui pendant l’été et durant ramadan"

Devons-nous comprendre que Ennahdha détenait des informations sur ce qui se préparait sans avertir les autorités ? Et quelles sont donc les sources d'information des partisans du Cheikh Ghannouchi ?

Quoi qu'il en soit, ces actes doivent être sévèrement condamnés et les auteurs lâches et indignes doivent être exemplairement justiciés par les autorités.
Quant à nous citoyens, nous avons le devoir sacré d'envoyer un signal fort à tous les ennemis de la liberté : Nous n'oublions pas, nous ne pardonnons pas. Sans omettre qu'appeler au meurtre au nom de l'Islam est une grave atteinte aux croyances de tous les musulmans du Monde.

Mais ces actes, à qui bénéficient-ils réellement ?  Ce qui est certain, c'est que l'attention et le débat public et médiatique qu'ils engendrerons ne feront que diriger l'attention des citoyens bien loin des objectif de la révolution :

-Rétablir l’État de Droit
-Préparer sereinement les élections de la Constituante.
-Garantir les libertés individuelles à TOUS les citoyens tunisiens sans distinction : musulmans, juifs, chrétiens, athées, bahai,  bouddhistes, etc.
-Justicier les bourreaux, les assassins, les complices et les bailleurs de fonds du régime Ben Ali.
-Assainir le Ministère de l'Intérieur.
-Assainir l'appareil judiciaire qui est entrain de blanchir les complices du régime de la tyrannie: Hedi Jilani, Slim Chiboub, Saida Agrebi.
-Assainir les mass-médias toujours gangrénés par les nébuleuses Ben Ali/RCD: Karoui & Karoui, Cyrine Ben Ali, Gueddiche JR., etc.
-Empêcher le gouvernement de transition de contracter des dettes faramineuses auprès du FMI et de la Banque Mondiale en notre nom.
-Calmer les querelles partisanes et unifier les différentes mouvances politiques autour d'un seul et même objectif : le service de la Nation. 
-Récupérer l'Argent tunisien volé par le clan et placé à l'étranger.

Maintenant que vous avez tous les éléments en main, vous pouvez facilement déduire qui sont les grands bénéficiaires de ces actes contre-révolutionnaire. Alors à vos commentaires  :)

9 commentaires:

  1. Ce billet pose les bonnes questions. Essentiellement: A qui profite le crime? Même si Nadia El Feni n'est pas appréciée parmi le peuple, je ne pense pas que le peuple se sent solidaire de ce genre d'actions. Ainsi, à priori, ce genre d'actions ne bénéficie pas à un parti politique à forte ambition électorale. Sur un autre plan, je trouve déplorables les propos ambigus du représentant d'Ennahdha qui ne fait que mettre de l'huile sur le feu...

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  2. Les propos d'Ennahdha laissent entendre qu'ils sont capables de maîtriser les choses s'ils le voulaient bien ! En d'autres termes ils veulent nous passer ce message "Votez pour nous et y aura plus ces dérapages" ( que ce soit la violence ou ce genre de projections :) )

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  3. Après la synagogue et la maison de prostitution, c'est autour du cinéma AfricArt. 3éme action organisée par ces types dont le but de montrer qu'il existe encore des protecteurs de l'islam !!!

    Une question qui se pose, qu'est ce qu'ils ont fait pour libérer la mosquée de "AL-AKSSA" ?

    Mais non putain j'aurai pas du poser cette question, ils sont en train de semer la peur en Tunisie...

    Si chui bête et méchant je vais remarquer qu'il existe déjà dans la foule quelqu'un qui porte le maillot de l'espérance alors que pour ces fanatiques "c'est du tabou....7rammmmmmmm".

    Pour être clair, ce ne sont pas des islamistes : ni des nahdhaouis ni des salafistes...Ce sont des combattans de la contre-révolution leur premier objectif c'est de créer un sentiment d'instabilité chez chaque Tunisien...affaire à suivre...

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  4. C'est de la contre-révolution. Tout court.
    C'est les mêmes qui ont commandité l'agression de la plage et aqua park à Hammamet Nord. Rien à voir avec la religion. Terroriser le peuple tout simplement. Faire en sorte qu'il se terre chez lui. qu'il ne sorte plus. Que les touristes ne s'y rendent pas non plus. Il faut crier haut et fort: Non, nous ne nous laisserons pas intimider. Dégage, les saboteurs, les crapules du RCD!

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  5. possible en effet.. mais pas forcèment! les fanatiques, y en a beaucoup, et ils sont capables de faire cela ( j'ai parlé à pas mal de personnes qui affirment pouvoir tuer nadia elfenni si jamais ils la croisent..Bon, c'est une hyperbole mais ça prouve que ce genre de comportement n'est pas forcèment orchestré par le rcd)...et la police politique, la de5iliya et le rcd en profitent ,ça les arrange évidemment!
    c'est la réaction de Nahdha qui m'intrigue...

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  6. A qui profite le crime ? Je crois que nous ne voyons pas le même chose toi et moi, Karim. Personnellement, en supposant que ce soient des islamistes qui ont commis ces actes, j'en déduis une chose : l'ennemi juré de ces intégristes semble être encore la liberté d'opinion et de croyance, pour preuve, ils n'ont pas du tout apprécié cette projection et à la fin ils se sont faits pincer par les flics. Alors, si on veut lutter contre les intégristes, il faut soutenir à fond la liberté d'expression et de culte. D'autant plus que ça prouve que ces intégristes sont pour la répression et la privation des libertés. Encore une fois, ce qui s'est passé dans la salle le prouve.
    Dans le cas où tout ceci est une mascarade montée par la police politique, eh bien tout ce que j'ai dit montre qu'ils sont en train de foirer leur coup. Sans parler de la première réaction du Tunisien lorsqu'il eut vent de cette histoire : "on ne sait pas réellement qui a fait ça" ; il est donc déjà méfiant et ne hurle pas à l'islamisme. Décidément, la démocratie, ça ne leur réussit pas à ces ex-flics.

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  7. Salut Prométhée,
    Il me semble que les conclusions de ton commentaire abordent dans le même sens que celle de l'article.
    Je ne vois réellement pas où est la divergence entre nos propos :)

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  8. salut Kerim
    pour avoir été témoin vivant de la scène, je ne dirais pas forcément que c'est la police politique de Ben Ali: il y a des forces obscurantistes dans notre société qu'on ne va pas nier! Et même s'il est permis de douter de l'implication de la police qui a mis un temps étrangement long pour arriver, ce serait déplacer le problème que dire systématiquement que c'est Ben ali qui se cache derrière ça.
    Quant à ennahdha, à mon avis on pourrait les mettre au pied du mur en les associant à la condamnation de ces actes. ça devrait ébranler leur électorat !

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  9. Salut Sana,
    Merci pour ton témoignage. On ne sait pas encore ce qu'il en est et qui est derrière tout ça, mais le version : voyous obscurantistes + flicaille semble plausible.
    En ce qui concerne Ennahdha, ils sont entrain de démontrer qu'ils n'ont pas les compétences et l'ambition de jouer dans l'arène politique. Leur discours ne dépasse les discussions sur la morale (voilée, non-voilée, 4 femmes ou non) et leur actes (payer les dettes, donner des cours gratuits...) montrent qu'ils ne savent qu'acheter les voix à défaut de convaincre avec un projet de société.

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