jeudi 8 septembre 2011

Tunisie : flics en colère, police politique et autres contes de la folie ordinaire

Ces trois derniers ont été marqués par le discours tragi-comique de Béji Caid Essebsi, premier ministre temporaire de la transition démocratique temporaire et transitoire pour la transition démoctaturique, les manifs des policiers devant le premier ministère à la Kasbah, puis devant le ministère de l'intérieur et toute une constellation d'évènements satellites pour le moins intéressant. Parce que ReadWriteWorld aime tout le monde et sert tout le monde même les singes et les serpents, nous avons essayé d'y voir plus clair, en plongeant bien entendu au cœur des évènements (في قلب الحدث)

Épisode 1 : Mutinerie à l'Aouina

Tout commence le lundi 5 septembre. Moncef Helali, le directeur général et commandant de la garde nationale qui fait l’objet de plusieurs critiques de la part de ses subordonnés portant sur "sa qualité de militaire", et plus précisément sur ses décisions de rattachement et de mutation des agents de la sureté s'est fait "dégagé" par un groupe d'agents qui réclament son  limogeage et la nomination d’un nouveau directeur général issu du corps de la sécurité intérieure. En somme, un gars bien de chez eux.
Lorsque je leur ai demandé des précisions sur le fond de leur critique, les agents du syndicats des forces de l'ordre m'ont affirmé vraiment mais vraiment fâchés :" il dispose de 5 voitures de fonctions et de 4000 litres d'essence par mois". #WTF?!!!

Épisode 2 : Béji Caid Essebsi dans le rôle de Takriz

Mardi 6 septembre-matin. Voilà BCE qui dans un discours surprise et vide de substance sur la rentrée scolaire et les élections de la constituante joue à Darwin dans une affirmation digne des indispensables Takriziens et du magnifique Jalel Brick :  "97% des flics sont de braves neuneus débiles et 3% sont des singes". #WTF bis ?!!!

Si el Béji, qui juste là (sous excuse de sénilité avancé et de prostate défaillante depuis 1927), niait l'existence des snipers et défendait bec et ongle la flicaille qui -miskina- souffrait d'une crise psychologique, lâche une bombe en direct à la Télé. Ma binetna #WTF ?!!!

Épisode 3 : Far wou gattous devant le premier ministère!

Mardi 6 septembre-après midi.
En compagnie du blogueur émérite Accent Circonflexe, armés d'une caméra et d'une citronnade 100% toxique, on s'est pointé à la Kasbah. Traversant courageusement les barbelés entourés de 250 à 300 flics enragés contre BCE et le Général Ammar, nous nous pointons très poliment et plutôt joyeusement devant la porte ouverte du premier ministère.



La caméra en marche -en espérant secrètement qu'un flic s'immole- un flic en civile m'approche, un peu comme un gorille et s'en suit  :
-"Allô..allô...enti bouliss?"
-"Lé"
-"Ech ta3mil hné?"
-"Ensawar bel caméra"
-"mekch bouliss méla ! Héthi 7keya mabin boulisiyya !"

là, un flic en uniforme nous interrompt et donne les directives de me laisser tranquille.

Un peu plus tard, la rumeur coure que BCE et R. Ammar sont entrain de filer en douce par l'arrière boutique du premier ministère. Les flics commencent à courir dans tous les sens "cheddou cheddou" et en traitant les deux compères de tous les noms de meuniers et j'en passe.

Ah, oui, dans la foulée, avec Accent Circonflexe, nous avons découvert que des flics allaient êtres jugés à Sfax et Ben Arous pour les meurtres des martyrs de la révolution et que des membres de leurs familles étaient là pour manifester et demander l'impunité pour ces flics tueurs.

Apparu comme par magie, un flic du syndicat est venu s'explique sur la mutinerie et les revendication. Rien ne tenait vraiment la route (voir la vidéo). Un autre (hors images) voulait couvrir les siens en affirmant que les flics "ont le droit de se défendre en tuant leurs agresseurs".
Dernier point, les flics scandaient des slogans insinuant que les snipers feraient partie de l'armée et non de la police...mais ça, c'est une autre histoire.

video

Épisode final : ministère de l'intérieur : police contre police et plan de reconversion de la police politique

Jeudi 8 septembre 10h du mat. La foule de flics était assez dense devant le ministère de l'intérieur. Elle se donnait en spectacle de chant (hymne national, slogan anti BCE et Ammar) aux spectateurs postés de l'autre côté des barbelés.

Et ils étaient vraiment mais vraiment vraiment remontés les flics qui manifestaient ce matin devant le M.I. Mais le plus intéressant dans tout ça était à lire entre les lignes de la manif.
Un flic en civil en plein accrochage avec un flic en uniforme s'échangeaient les mots suivants avec une haine réciproque et pas du tout, mais pas du tout cordiale :
-le ministère est à nous !
-oui, mais la rue est notre....

Sur ceux, une vielle connaissance, un enfoiré de la police politique qui m'avait repéré et que j'avais repéré en 2007 s'approche de moi comme un gorille bis. Pour les habitués du genre, c'est le gars trapu, un peu chauve et avec deux grosses cicatrices sur la partie découverte du crâne. Il me demande ce que je suis entrain de filmer avec mon télifoune. Pas de chance, j'étais entrain d'envoyer un sms et du coup il se met à lire ce que j'écrivais.
Puis il se met à me cuisiner et je l'embobine le temps de l'amener là où je veux :

-T'es plus dans la police politique ? mi nostalgique, mi fier, il me sors :
-Je suis en civil maintenant, c'est un job noble.

Plus tard, signe du destin, il est venu nous demander de libérer le trottoir en face du M.I, alors que j'étais avec les excellents rappeurs d'Armada Bizerta auteurs du désormais mythique titre anti-violence et criminalité policière The Sound of Da Police.


(Im)Morale de l'histoire ?

-Refusant que les militaires les dominent, certains flics foutent la merde pour couvrir les leurs qui ont tués nos concitoyens en décembre et janvier dernier.
-Concernant cette mystérieuse police politique qui ne serait pas listée. Elle a peut-être simplement été ravalée et recrachée dans l'appareil (in)sécuritaire.
-Béji Caid Essebsi est un zoologue darwiniste, et en secret, le plus grand fan de Jalel Brick et de Takriz.
-Nous concitoyens sont de sacré farceurs : à Tunis, Sfax et ailleurs, plusieurs citoyens tunisiens ont offert des bananes et ont jeté du kaki aux flics...#WTF?!!!
-Les flics utlisent les lacrymos, le balles en caoutchouc et les balles réelles uniquement contre les citoyens. Jamais contre d'autre flics même si ces derniers insultent "haibat eddawla" et appellent à "is9at al 7oukouma".


N'oublions jamais que le régime de ben ali était un régime POLICIER et que ce sont toujours les mêmes mini-dictateur qui portent les uniformes, les matraques et les flingues...








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